"Petre e parole lampate so listesse ! Pierres et paroles lancées sont pareilles...!" Proverbe des bergers d'Occhiatana, balagne corse.

mardi 3 avril 2012

N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres !



N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres !
Léo Ferré dans « Préface ».

Aujourd'hui, je retrouvais des amis d'enfance et nos vies se ressemblaient « affreusement » !!. Et quelle enfance... !!
Dans un quartier de Toulon où, l'argent était monnaie rare, la culture aussi rare qu'un cheveu sur le crâne d'un chauve.
Les logements H.L.M . étaient si petits que la pensée, libre par essence, déjà si furtive, préférait se frayer un chemin dans les beaux quartiers du Faron, par exemple... Nous avions l'impression de regarder les instruits comme les plus hauts nuages, d'en bas sans cache-soleil...
Il nous fallait travailler afin de croire à une existence réelle.
Seuls, les rêves édifiaient nos murs maîtres... Trop « cons », « surtout moi » faut-il le dire, mieux loti que bien des autres, de ne pas avoir profité d'une école, cette même école qui manquait si cruellement dans d'autres pays, d'autres contrées.. !!
Pfff... !! La réalité nous crachait sans cesse la même rengaine : « Ne jamais se prévaloir du lendemain. Point. » !!
La seule façon de penser l'avenir était de ne pas finir seul, quelle erreur !!... Rares , non point tous mais une majorité. Nous étions, tous, habillés sensiblement de la même façon... Sauf peut-être moi, « l'anormal »... Enfant trop unique plus « gâté » que les autres... Mais si seul à s'en « gâter »... !!! Mais comment pourrait être un enfant autrement qu'unique... ?!!
Bref !! On s'amusait tout de même avec des vieilles carrioles munies de roulements à billes, des cerceaux propulsés d'un bâton, avec des vieux ballons en cuir presque crevés tellement râpés, des cabanes dans la colline, avec une carcasse de voiture laissée là.... Les microbes n'avaient qu'à bien se tenir... !!
On se prenait pour Carnus, André herrero, des cow-boys et rarement des indiens sauf moi, bien sûr... Il y a une misère qu'on se fabrique aussi., parfois.. !! Tandis qu'au Faron, les beaux enfants se faisaient rois et reines en s'inventant des royaumes à conquérir, des études à finaliser pour un concret bien souvent triste... Mais tous les fruits ne germent pas...
Les garçons embrassaient les mains de leurs voisines en se moquant de la tendresse tout en se rinçant les doigts dans une eau limpide, trop limpide.... C'était troublant... ?!! Pourtant, de ma certitude, tous les enfants ont un royaume... !!
Nos parents nous espéraient un avenir des plus heureux, d'un « heureux » approché avec grande prudence, fallait-il avoir souffert... ?!! . L'école ne nous influençant pas vraiment dans le sens qu'il fallait, nous les entendions nous répéter sans cesse des : «  Quand tu seras grand(e), qu'il faudra faire des enfants, que tu auras un mari, une épouse, qu'il faudra gagner de l'argent.... !! »
Avec acharnement, ces répétitions nous pénétraient l'existence au point de se croire obligés de se marier, de faire, vite, des enfants, d'acheter une maison pour les plus chanceux... !! En fait, s’endetter à vie et , de fait, endetter sa vie....
Pourquoi ne nous ont-ils pas enseigner la prudence face à l'amour ; la patience de comprendre ce qui nous était finalement bon ; le courage ; la solitude salvatrice ; être joyeux du plus qu'on le peut ; le courage de savoir attendre... Ils ne faisaient finalement que reproduire ce qu'on leur avait inculqué avec force et fracas à leur tour...
La « misère », même en apparence, différente avec le temps, fait de nous de mimes croyant que nos parents d'avant tenaient le monde. À chacun le sien, merde... !!! Leur vie n'était pas la nôtre mais comment le réaliser , le concevoir, l'interpréter, le ressentir... ? La pauvreté suit comme un sac plein de ces années à accepter son sort.
Si l'on avait pu rencontrer quelqu'un qui nous aurait renforcé de : « Il te faudra être libre avant d'aimer ; il te faudra de l'expérience avant de parler de mariage d'ailleurs, non-obligatoire, non-urgent ; il te faudra naviguer de femme en femme ( d'homme en ... ) afin d'en cerner le si peu qu'elles (ils) daignent bien vouloir céder d'elles (eux ?) ; il te sera possible à loisir de ne faire l'amour que pour en jouir intensément car, faire des enfants est trop sérieux, très égoïste... ; il te faudra attendre le (la) compagnon qui saura élever vos enfants ; il te faudra attendre afin de savoir si ce si beau mec qui joue les hommes aux jambes arquées, sera véritablement adulte. Il te faudra comprendre que l'amour est un bouquet de fleurs qu'il faut arroser à sa juste dose; que rien n'oblige à hypothéquer ta liberté sur les seuls conseils de ceux et celles qui pensent pour toi; qu'il n'est pas forcément certain de croire que le couple représente LA sécurité individuelle et sociale, certainement pas définitive …
Que tu t'appartiens envers et contre tout et tous d'abord; que les choses de la vie ne doivent s'installer en et autour de toi que dans la mesure où tout est impulsé par la simplicité; la vérité; la dignité; le maître altruisme; la liberté;
que, oh grand univers éternel, rien de rien n'oblige de faire un enfant.... Que le temps est bien plus souvent l'ennemi de l'amour plus que l'ami...!!!
Non !! Il nous a fallu faire comme les autres... Les autres, c'est l'enfer !! Ce qui est étouffant, c'est que ça vient toujours des autres... !! Merci Léo... !!!

Maiiis.... J'ai un ami d'enfance à appeler, il va se marier !! Alors, vous comprenez.... ?!! À +... !!

Je laisse ce texte en brut de brouillon ... !! Comme ça vient ... !! Après tout.......

Pour le paroles :

Ecouter la chanson, c'est fabuleux...!!