A se rendre compte à quels points d’ignominies, de trahisons sont infestés bien des secteurs de vie de notre société, combien il est difficile voire hasardeux d’y démêler un maigre écheveau d’espoir… ?!
J’étais témoin malgré moi d’une dispute, ce matin, de deux
personnes sourdes, dirons-nous. Non pas, nous l’aurons compris, sourdes
d’oreilles car les vrais sourds sont bien plus entendants que les dits normaux mais de vanités, d’orgueils, de
suffisances. L’une développait du vide et l’autre ne savait comment le remplir…
Peu nous importe le sujet, il était à la mesure de ce qu’ils
étaient capables de développer. Des
« Moi je », « je moi », « mes »,
« mon », « me », « moi »… aussi égocentriques que
les meilleures expressions superlatives "possédantes"… Un cas de dissonances
cognitives de toute splendeur… !!
Il est clair qu’une personne possessive ne l’est que parce
qu’elle ne se possède point elle-même et il est, me semble-t-il, assez clair
que l’on est vraiment libre seulement dans la mesure où l’on est capable de
comprendre que la liberté d’autrui ne nous concerne pas tellement elle se veut
sacrée. La confiance ne restera à jamais qu’un pari….D'où, en amour et plus que, des preuves d'amour !
J’entends qu’elle (la personne) ne se maitrise que trop
imparfaitement. L’humain a cela de paradoxal qu’il croit posséder une chose, un
être, une idée que parce qu’il en a l’envie, cette envie venant d’un manque, il
aura bientôt envie de ce qu’il n’avait plus envie initialement. La ronde de l’insatisfaction
permanente. La mode, dans toutes ses diversités, en est l’expression la plus
pure.
Et chacun vaque à sa vie croyant la posséder pleinement mais
sous l’emprise du regard censeur tout aussi vide des autres, c’est un problème
en effet… Les seuls qui créent leurs vie sont celles et ceux qui les risquent !
D’aucuns donc se croient propriétaires de ce qu’ils décident et l’égoïsme,
expression majeure de l’impuissance avec son outil si fidèle : la jalousie, prend là, toute sa magnificence négative,
souvent morbide… !! Bref…
Nos deux hasardeux se disputaient une place de voiture et
étaient prêts à en découdre, l’un avec un énorme ventre qui caractérisait le vrai guerrier et l’autre avec des lunettes
aussi épaisses que son ignorance démontrant d’immenses capacités belliciste, évidemment... Les oubliant complètement, je m’abandonnais à
mes souvenirs d’enfance…. Moment de joie indicible !
Me venait une histoire se déroulant dans un village corse, Calasima, très
haut perché dans une montagne rude où, bien évidemment, le froid était
omniprésent et dont l’amplitude thermique collait d'assez près à chaque saison.
Dans ce très beau et typique village, l’un des plus hauts
village de l’île, existait un vieil homme, seul depuis la disparition de son
épouse tant aimée, à la voix aiguë et douce, haut de taille, aux mains calleuses, à l’œil vif et très observateur,
à qui rien n’échappait, chez qui la
nature n’était qu’un livre éprouvé. Un dos courbé dans la même courbure des
blés qu’il avait dû faucher toute une vie durant à mains nues…Ses rides disaient ce qu’il avait vécu…
Cet homme avait deux chats, irascibles au possible et chaque
fois qu’ils se croisaient, c’était la furie sanglante. Impossible de les
calmer, ils se détestaient violemment. Les coups de bâton du vieux n’y
faisaient…
Le bonhomme avait tout essayé, jusqu’à les séparer de
plusieurs villages distancés, rien à faire, leurs territoires respectifs leur
étaient un prolongement biologique, ils revenaient sans cesse ni relâche.
Leurs bagarres dérangeaient la quiétude du village, les
nuits étaient infernales, les seaux d’eau n’y faisaient pas plus… Ils
revenaient et se disputaient tout, le territoire, les proies, les femelles, l'autre…
En corse, comme dans bien des coins de France, à cette
époque du moins, on ne nourrissait pas les chats, c’était une hérésie. Ils n’étaient
là que pour bouffer les souris, rats et autres nuisibles. Comme quoi, les chats sauvages sont plus
utiles, écologiques que les domestiqués…Mais cela se discute....
Notre homme se mit à réfléchir à une solution efficace, le
fusil étant l’une d’entre elles…Là-bas, c’en est une comme une autre, tout
autant dans l’Aveyron d’ailleurs !
Il se trouvait que cette année-là était annoncée comme l’une
des plus froides de la décennie, ce que confirmait la végétation, les
comportements animaux qui sont des signes implacables, et bien plus indicateurs
que toutes les météorologies du monde à qui y sait poser l’œil.
Cette nuit-là, le thermomètre descendit à moins vingt-sept et lorsqu’il faisait des froids sibériens de
ce type, les chats rentraient dans la maison, toujours très écartés l’un de l’autre,
ayant une cheminée chacun…
C’était le bon moment… !! Le vieux leur ferma toutes
les issues de la maison, l’on verrait bien…
Le lendemain, tout était figé dans la glace, tout était
gelé, certains arbres, pourtant rompus aux froids successifs précédents n’y avaient
résisté, c’est dire… à cela, il fallait ajouter un de ces vents des montagnes
de 90 kmh, augmentant la sensation du froid.
Notre philosophe s’ignorant comme tel, fit le tour des lieux
et que vit-il : les deux chats enroulés l’un dans l’autre afin de se
donner chaud, formant une spirale parfaite, chose totalement imprévisible, impensable auparavant….
Le vieux ne put se
retenir de lancer sa sentence, une de celles lui venant toute seule… : « hum,
hum…. !! Quand il fait chaud, vous vous haïssez ! Quand il fait
froid, vous vous aimez… !! »
Sentence simple me dira-t-on… ? Si nos deux cons du début avaient eu bien froid, ils ne seraient pas sortis de leurs véhicules mais de toute façon, trop abrutis pour une accolade de raison avec la volonté de régler un différent avec le sourire… !!
Essayons d’en tirer fortune et mangeons nos chapeaux car
savoir communiquer est l’art des gens de bonnes compositions, de bonnes
volontés…
L’eau dans le désert se partage, n’appartient à personne ;
la couverture dans le blizzard tout autant, ce sont les islandais qui le disent
après avoir croisé un caravanier arabes en vacance….
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