"Petre e parole lampate so listesse ! Pierres et paroles lancées sont pareilles...!" Proverbe des bergers d'Occhiatana, balagne corse.

lundi 25 mars 2013

Revenant du magasin....C'est humain, paraît-il !!


Devant chez moi est garé un véhicule dans lequel un chômeur en fin de droits y vit, dénué de tout. Difficile d’ignorer la souffrance même étant dénué de charité bien trop facile … Au bout de quelques jours, je m’approchais de lui afin de lui déposer, discrètement,  un peu de bouffe et quelques pulls. Trop de bruit en marchant sur des feuilles sèches et voilà qu’il se réveilla !!
« C’est pas de bouffe que j'ai besoin, bordel de merde, de bibine, d’accord… !! »
Eh bien, je n’ai pas voulu accéder à sa … « demande » ! Ne voulant pas porter la responsabilité d’une aggravation… C’est humain, parait-il… ?!!

En allant chercher la baguette du matin, je tombais sur trois vieux génétiques grincheux retraités qui se plaignaient qu’à une minute près de 06h30,  l’ouverture du magasin pouvait tout de même se faire. Quid des ouvrières qui couraient dans tous les sens pour, justement, ouvrir dans les temps. Aucun d’entre eux ne se demandait si leur degrés d’oppression, de stress étaient proportionnels à leurs salaires… ? C’est humain parait-il… ?!!

Revenant du magasin chargé de ma chaude baguette et de quelques croissants anxiofuges que je déposais sur la table, prématurément heureux de faire plaisir au reste de la famille au lever, j’en vois passer une puis l’autre puis la mère, toutes dans un état second cherchant ce qu’elles n’avaient pas préparé la veille…
Moi : « Salut !! Je vous ai apporté des croi…. ! »
Elles : « J’ai pas le temps papa, pousses-toi… !! »
Moi : « Mais tu n’as pas faim… ? »
La mère : « Chéri, éteins la lumière, t’es chiant de toujours allumer le matin, comme ça… ! »
J’ai tout de même mangé un croissant, le plus cuit, celui que je ne voulais pas…. Papa potiche… ?
C’est humain parait-il… ?!!

Me voilà au boulot.
Le temps de tout mettre en place, voilà des collègues arrivant…Forts de leurs automatismes inconscients….Révélant les miens.
Certains : « Salut, ça va ? »
Moi : « Ouai, sauf que ce matin, mes … »
Eux : « Oui, ça va bien… Et toi, ça va…! »
Un : « j'ai besoin de 20 euro, tu crois que tu pourrais ....?!! » Faut pas rêver...!
Une seule d’entre-eux reste toujours agréable, heureusement….
Je retournais dans mon aquarium en ayant vu ce que je reverrai demain…. C’est humain parait-il… ?!!

Un chef, furieux débarque et éructe n’importe quoi d’inconsistant. Je réponds tranquillement et le voilà supérieurement vomitique. Je m’étonnais de cette état second me rappelant ces marionnettes que l’on secouait vertement aux guignols, ça ne l’arrangeait pas d’entendre du concret. Il partit comme il était venu, seul, avec sa colère et ses incohérences…. Moments inutiles de la vie… C’est humain parait-il… ?!!

Des parents d’élèves m’houspillaient en me demandant dans l’échelle des cons, à quel étage je me trouvais… ! Je répondais par de l’apaisement… Ils me relançaient sur le fait que je n’avais pas répondu à leur question. Excédé par accumulation, je répondais «  à l’étage auquel l’on s’est croisés peut-être… !» Je croyais pourtant mon humour imparable. La suite se qualifie en décibels haute fréquence…
C’est humain parait-il… ?!!

Des élèves se présentent à l’accueil et me demandent à voir l’un des responsables afin de changer l’heure d’un cours. Je leur réponds que les chefs sont en réunion donc injoignables. Révolte scolaire pour un moment, moment que je raccourcissais en m’imposant. Leur demandant de revenir ultérieurement, avec des viennoiseries si possible, réponse unanime : « Waouh monsieur, c’est que vous en avez de l’humour… !! » Loupé.  C’est humain parait-il… ?!!

Une collègue vient se confier à moi en me révélant ses problèmes du moment. Avec empathie, je lui propose quelques conseils altruistes et gratuits s’il vous plaît et….. Badaboum !!
Elle : « Tu ne peux pas faire la différence entre écouter et conseiller, toi, hein … ?!! »
Moi : « Mais non, je voulais simplement te…. »
Elle : « Laisse tomber, j’aurai dû me méfier… »
Il est peut-être vrai que dans un monde d’égoïsme, l’altruisme fait figure de parasite…. ?!! Contre mauvaise fortune….
C’est humain parait-il… ?!!

Tout cela jusqu’à 11 h 30 ce matin. Maintenant, ouverture du courrier et des factures….. Rien d’exceptionnel finalement…. !!!!

Le téléphone sonne :
Moi : «  Monsieur le trésorier, bonjour…. !! »
Lui : «  si je vous appelle, Monsieur, c’est pour le P.V. impayé de janvier dernier…. »
Moi : « euh… »

Je ne céderai pas à la panique…. !!!! C’est humain parait-il… ?!! 12 h 10....

mardi 19 mars 2013

Ah, l'architecture !!

Ah le savoir !!! Enfin, l’intelligence…. Euh, l’instruction…. ?!! Allons-donc savoir… ? Lorsque petit, j’arpentais les bancs d’écoles dans lesquels étaient insérés et sculptés des encriers, je rêvassais à celui qui avait fabriqué cette pièce de bois alors que notre instituteur s’échinait à nous faire comprendre que nouille et houille pouvaient nous induire en erreur... !! Fallait-il y croire, le brave homme… Oui, je rêvassais, c’était bien de n’être jamais là où l’on voulait me trouver… Une fois que je savais écrire et lire « correctement », restaient les chiffres mais là, bon… !!
Mes cousins, eux, cartonnaient aux études ! Me paraissaient surhumains, inatteignables… Moi, je cartonnais dans des rêves de tout, de rien… J’admirais pourtant les peintres qui se jouaient des couleurs aux effets multiples, les sculpteurs aux formes impossibles, les poètes dont je partageais bien souvent les envolées « lyriques », les écrivains à l’imagination voyageuse sans borne, les architectes bâtisseurs de palais impossibles… Bref !
Ah, l’architecture !! Toute une passion, encore maintenant j’en vibre d’une frustration éternellement renouvelée... Je dessinais autour de 7 ans des plans de maisons, casernes, hôpitaux avec, parait-il, une intuition, un coup de crayon, le sens des proportions qui stupéfiait les professeurs de dessins artistiques et industriels au lycée des Eucalyptus à Nice. Certains en restaient même septiques.
Mes parents ne comprenaient pas toujours, surtout mon père qui perdait du temps entre mes mauvaises notes et ces, parait-il, capacités étonnantes du dernier de la classe… Comment pouvait-il saisir cette disparité, coincé, perdu entre la Corse, la CGT , l'église et mai 68…
En effet, j’étais considéré comme un cancre, une profonde ancre et l’écrire fait que j’en souffre encore, c’est ainsi… L’effet rétroactif des évènements devient effet pervers, résiste et demeure…Un peu comme un bossu qui, un jour, cet abominable jour où il se découvre trahi par une bosse venue de nulle part… !!
J’adorai la création, l’invention, partir de rien et arriver à quelque chose. Quoi…? Peu importe… !! Rien que pour m’amuser… M’amuser, oui, m’amuser !! C’était ça, lui…Le maître-mot… Jouer !! Thomas Edison adoucissait mes nuits !! Il me voulait du bien, j’en suis sûr…
Papa voulait des diplômes…. Moi, des rêves !! Immaturité certaine…Engendrée par un amour maternel inhibant, étouffant, castrateur si l'on y prend pas garde...
La question de l’intelligence ou de l’instruction ne m’a jamais quitté, en ayant trop souffert... !! Pourquoi tels ou telles étaient catalogués d’intelligents et d’autres qu’instruits…? les cancres, là... ?
Tiens ! Il est marrant le petit !! Si nul à l’école et si bon dessinateur… ?!! Rendez-vous compte de l’énormité…Oxymore biologique, térato… et quelque chose !!
J’ai toujours cru être nul, j’en étais persuadé, j'ai des cicatrices partout... Pour que des gens si intelligents puissent le dire avec ce sourire si tendre et perdu, ne me regardant jamais dans les yeux… Je me noyais dans leurs évidences.
Les années ont fait leur œuvre et moi, toujours si seul…. Nous sommes tous seuls… Fallait-il le comprendre avant ? Mais à quel moment de sa vie, l’on peut comprendre l’avant de l’après du présent…. ? Personne n’est épargné, n'échappe à ses finitudes…Elles sont les plus fortes ces "finitudes" !!
Alors, il y a une vingtaine d’années, j’écrivais ceci tel un automate dans le blanc désert d’une feuille qui traînait, là…

Á mon avis, si incertain soit-il, un mot ne crée pas la chose ; l’intelligence ne crée pas la chose ; l’intelligence n’est pas quelque chose que l’on trouverait quelque part dans le cerveau humain. Celui-ci ne possède pas un « centre de l’intelligence » comme il y a un centre de la faim, de la soif, etc… L’intelligence est un conglomérat de caractéristiques telles que la faculté de comprendre, de connaître, d’imaginer, de ressentir, ainsi que l’aptitude à s’adapter et à trouver des solutions originales, imprévues à des situations nouvelles. En quelque sorte, c’est exister face au réel…

Qu’est-ce que l’instruction ?

Savoirs, notions acquises, de se (faire) donner des connaissances nouvelles qui apportent des compréhensions. C’est en quelque sorte le matériel nécessaire à la bonne « marche » de l’intelligence. L’intelligence est le véhicule, l’instruction le carburant. Je dirais que c’est dans l’énergie que s’incarne la réel. J’entends par réel, ce qui existe effectivement, ce qui concerne les choses. Pour exprimer l’intelligence, nous avons besoin d’un support.

L’inné et l’acquis.

Savoirs et intelligence sont-ils en corrélation ? Compte tenu de l’imprécision sémantique, pour ne pas dire, l’absence du sens du mot « intelligence », cette question est irrecevable et ne mérite aucune réponse. La véritable question est : quels sont les véritables déterminismes biologiques et culturels du savoir et de ce qu’on appelle « intelligence », si on désire absolument conserver ce terme ?
Dans ce cas, l’intelligence est la résultante d’une combinaison entre le patrimoine génétique et l’éducation dans un certain milieu. Si l’interaction de l’inné et de l’acquis détermine les comportements humains : le savoir, la culture, l’intelligence, chercher la part de l’inné et de l’acquis est un problème stérile et sans solution, étant donné la complexité de la réalité. Chacun de ces éléments est nécessaire mais non suffisant. L’acquis sans l’inné est une aberration car il faut bien un support matériel, en l’occurrence génétique, pour la culture. Mais sans l’acquis, un petit d’homme, mis hors de portée de toutes influences humaines ne deviendra jamais un homme, mais un enfant sauvage.

Il faut toujours revenir sur les textes, ça fait du bien, parfois… Qu’il est difficile de matérialiser le passé… !! Asséner de nullité autrui est un crime devant les hommes !!