"Petre e parole lampate so listesse ! Pierres et paroles lancées sont pareilles...!" Proverbe des bergers d'Occhiatana, balagne corse.

jeudi 17 mai 2012

Allez !! La dernière… ?!!

Allez !! La dernière… ?!!

C’était un jour de soleil à Toulon, place d’Espagne. Un temps magnifique où, tous, se promenaient à l’allant léger. Les enfants jouaient, les parents profitaient du soleil, les pigeons aussi… ! C’est beau les pigeons mais quand ils s’amassent et s’envolent, les fientes restent et sentent parfois très fort.
Des joueurs de boules commençaient à se réunir, les boules à la main sans jeu de mots à l’emporte-pièce… Les uns regardaient les autres en espérant que les parties se missent en place. Bref, une journée méridionale comme toutes les mêmes, avec maître-soleil, c'est notre chance ...
Néné, Lole, Jo et bébert, lancèrent les défis du matin afin de débuter une partie d’intérêts, voire plusieurs… Des passants lyonnais regardaient avec curiosité les débats. Leurs imaginaires remplis de  films de Pagnol alimentaient leurs attentes vacancières.
L’un d’entre eux s’appelait Robert. Celui-ci se demandait, ne serait-ce que pour le souvenir, si lui et son copain pouvaient défier les provençaux, champion des carreaux à la volée et à l'accent de Raimu ou Fernandel… Il levait joyeusement la main en demandant "aux accents chantants" s’il était possible d’entamer une partie… Les habitués de la place se regardaient et, d’un léger sourire, comprirent qu’ils étaient tombés sur une affaire en or, bien juteuse en paris. Les présentations se faisaient rapidement et le jeu commençait.
Bébert :
Pile ou face, Robert ? C’est votre prénom, hè… ?
Robert :
Oui oui ! Et si j’ai bien compris, vous, c’est bébert, n’est-ce pas ?
Bébert :
Eh bè, on peut rien vous cacher, hè ?!!
Robert :
Pile ! D’un accent pointu .…
Ils firent lancer la pièce par l'un des spectateurs…
Le spectateur :
Face !!
Bébert faisait un rond parfait au sol et lançait le bouchon. Rien ne pouvait les atteindre, ils connaissaient le terrain les yeux fermés, ce qui promettait une journée bien rentable…et des tonneaux d'apéros !!!
La partie n’était qu’une formalité et, en effet, l’opposition s’avérait fragile. Bébert restait tout de même dubitatif tant le jeu d’en face était maladroit mais s’en frottait malgré tout, les mains. C’était leur jour de chance… Ne fallait-il pas gâcher cette aubaine venue du ciel… ?!!
Mènes après mènes, la partie se finissait par un cinglant 13 à 3 !
Les Lyonnais, ne voulant pas en rester là relançaient d’un quitte-ou-double fier et sympathique, ce qui ne leur avait pas valu moult résistance…
Les méridionaux, rois de la pétanque, à coups de gestuelles grandiloquentes, ne faisaient point les difficiles et leurs lançaient :
Bon ! Si vous avez de l’argent à perdre, ça vous regarde… !
Une autre partie s’engageait et toujours la même facilité, aucune ou si peu d’opposition à l’horizon lyonnais… La chaleur se faisait lourde. Les habitués de la place, joueurs de boules invétérés étaient jaloux de voir leurs collègues bénéficier d’une chance inouïe.
Un habitué : dans la galerie des…habitués !
Pourquoi eux et pas nous, non de Dieu, y sont encatanés… ?!! S’écriait l’un d’entre eux, les mains dans des poches bleue de Chine…
Rien n’entamait la volonté des Lyonnais qui redoublaient les défits après chaque défaites aussi entêtés que Sisyphe…
Ce fut cinq parties jouées et remportées par les méridionaux. Ils n’en pouvaient plus de tant de facilité, le soleil les écrasant crescendo… Il fallait être un touriste lyonnais pour rester sous une telle chaleur. Ils voulaient arrêter, leurs poches étant pleines de paris gagnés. L’appel du pastis bien frais agissait fort sur leurs papilles… Après une longue discussion, ils cédaient aux malheureux lyonnais et firent une ultime partie…
Horreur… !!! Malheur… !!! Grand moment de solitude méridionale « boulistique »… !!! La chaleur s’intensifiait par dix… !!!
Que se passait-il ? Ils n’arrivaient plus à rester devant au score… ?!! Le drame !! Qu’arrivait-il aux lyonnais… ?!! Ils raflaient tout, tant à la pointe qu’au tir… Bref…
La partie se finissait par un 13 à 2 sans bavure… !! Le lyonnais, petit de taille, à l’accent pointu avait fait 12 carreaux en place dont l’un sur une plaque d’égout, ce qui prévalait d’une adresse sans pareille. Ils ramassaient la mise qui s’élevait, à l’époque, à 3000 fr… !
Bébert : Furieux…
Tè, c’est quoi cette affaire, moi, me faire battre par des passants... et lyonnais en plus… !!!!
Il prenait ses trois boules et les jetait dans le caniveaux le plus proche. Le lyonnais avait réussi à retrouver ce « Pagnolesque »  qu’il cherchait tant…..Il était servi...!!
Robert :
Allez !! La dernière… ?!!
Pas tous les pigeons ne laissent la même fiente derrière eux, faut-il le rappeler… ?!! Cette leçon valait bien un pastis, deux, trois, quatre
Jean de la Fontaine se meut encore pour l'eau, bien fraîche, du pastis nommé…….

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