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"Petre e parole lampate so listesse ! Pierres et paroles lancées sont pareilles...!" Proverbe des bergers d'Occhiatana, balagne corse.

lundi 26 janvier 2026

Le destin d'une faute...!

Vers les années 1900, dans tous les villages où la viticulture n'était pas un luxe mais une nécessité culturelle, chaque parcelle était choyée comme son propre enfant...! Cela demandait un travail de tous les instants, une concentration, une observation, une gestion difficiles, de l'obstination sur des savoirs ancestraux...! Tout à la main et quand on avait une bête, c'était remarquable...!

Lorsque le vin avait rempli les tonneaux, après des labeurs incroyables, comme il se disait, quand le vin est tiré, il faut le boire...! les bons moments n'étaient pas foison, on s'amusait comme on pouvait avec ce qu'on avait...!

De son peseudo Jean bati Cocagoca, fils du père de la famille de mon arrière  grand-mère paternelle, sentait démanger en lui l'envie de faire la fête...!! Il appela ses amis et burent jusqu'à l'ivresse ce vin nouveau si mérité et attendu, espéré et choyé...!! L'ivresse atteignit un tel niveau qu'ils ne se rendirent pas compte d'avoir oublié de reboucher le tonneau...!!

Une fois le drame découvert et la terreur qui frappa leurs consciences, ils fuirent tous et notre Jean Bati en fit de même...!! Rien qu'à penser la furie de son père le terrorisait...!! Il alla faire son baluchon et partit pour presque toujours, on ne le revit plus au village pendant des décennies...!

Affamé et assoiffé sur les routes, ne se désaltérant qu'aux rivières et fontaines, il arpenta tous les chemin d'une île dépeuplée à cette époque...! Il décida de faire ce qu'il faisait le mieux, chanter...! Il fit donc l'aumône en chantant aux fêtes, pour les familles, aux auberges...!! Rappelant ce que faisait une certaine Piaf sur les marchés dans une misère effroyable...! N'ayant aucun toit sinon ceux qui lui étaient proposés par pitié ou remerciements, il dormait dehors aux quatre saisons...! Les endroits où il se sentait en sécurité étaient les cimetières, "c'est impossible de craindre les morts, ils sont les seuls à ne jamais faire de mal"...!

Le répertoire culturel corse lui doit quelques chansons dont les titres m'échappent...?! 

Bien des dizaines d'années passées, sentant sa santé défaillir, le poids des saisons sur son corps, abimé d'une vie d'errance, aux erratiques bonheurs pour leurs raretés, les humiliations d'être considéré comme clochard, pas d'enfant, plus de famille, le ventre souvent vide...!

La tragédie d'une vie est d'être épouvantablement seul, non pas seul des gens mais de se "sentir" seul...! À quoi se raccroche-t-on donc, à ses souvenirs...! Après tout, j'ai une famille...!

Il repartit parfois accompagné de moines itinérants, ce qui lui permettait de parler, sûr de leurs silences sacrés...! Il arriva, au bout d'un périple exténuant, aux abords de son village qui avait bien changé, tout ce qui vit change...! Il vit sa maison et pris son courage à deux mains, alla frapper à la porte... Sa dernière sœur ne le reconnut pas immédiatement puis elle poussa un cri, faisant croire aux autres d'un cri de douleur...!!

Tous et toutes arrivèrent et n'en crurent pas leurs yeux, leur frère était vivant...!! Tout refit surface, le bon comme le mauvais...! Ceci étant, une fête fut organisée la soirée même, rires, larmes, histoires, etc. Le père était mort, la mère peu après lui mais bien au contraire de ce qui l'avait terrorisé au jour de sa faute, ils avaient souvent pleuré de son absence, la mère allait souvent sur le versant de la montagne, la route y était plus visible, afin de voir revenir son fils " Ghjuannucciu  caru"*...! La sœur ainée prit le rôle de cheffe de famille, ne se maria jamais pour honorer la charge de la famille, se sacrifiant totalement...!

Mais voilà, l'humanité dans ses travers comme ses beautés demeure...! La sœur ainée qui s'était occupée de tout, tant de la famille que des terres et de la maison, ne changeait rien aux dernières volontés testamentaires du père et seul devait hériter des biens familiaux le fils ainé, "u figliolu maio"...!!

Alors l'alcool, le vin coulèrent à flot et JB ne pouvait y résister, au milieu des siens, enfin de retour, oubliant ses misères, douleurs et souffrances, il se laissa aller...! Au point d'un niveau d'ivresse inouï...!

La sœur, dans la protection de ses intérêts, lui sortit un document en lui faisant croire qu'il fallait signer afin d'hériter des biens....! Sauf que c'était une lettre qui disait que JB refusait la succession...!! 

Eh oui, la perfidie s'était mêlée à l'injustice que ressentait sa sœur...! JB si saoul était incapable même de lire, il alla se coucher et ne se releva plus, il mourut dans son lit retrouvé, n'ayant connu que le bonheur d'une famille retrouvée d'un soir mais qu'il gênait violemment...!! L'ignominie de sa sœur tenait à un bouchon de tonneau...! 

La sœur hérita de tout, forte du document dument signé du frère...!

Ainsi va la vie, la mort et entre deux, les vicissitudes humaines peu souvent jolies...! Gardons les meilleurs moments et regardons ailleurs, les choses seront toujours ainsi...!!


* Ghjuannucciu caru : petit Jean "cher ou aimé".


 C'est Melchior.... 

Dans les villages partout dans ce pauvre monde et en Corse en particulier, et là où trainent des humains, l'on y retrouve, à peu de choses près, les mêmes mœurs sauf exceptions, spécificités ethniques ou culturelles...

Faustin, mon père, se trouvait sur la place du village, forum des "changeurs" de mondes, là où les yeux voyaient bien des choses, où se disaient des vérités et des mensonges à l'envi...!

À une époque où le Maréchal Pétain avait refoulé toutes une partie de la pègre en dehors de la métropole, il se trouvaient bien des siciliens, sardes, corses et autres parties parasitaires des civilisations...!

L'identitaire est une spécificité, certes, mais avec ses parasites aussi...!! Parasites tout autant identitaires...!!

L'on y trouvait un dénommé Melchior, maquereau de son état, sévissant sur Paris, vers les années 1900, mon père étant né en 1926. Mon valeureux père rentrait des travaux des champs et de son jardin, San Marchellu...! L'âne chargé de légumes, de bois, de fruits et autres trouvailles sur le sentier de remontée vers la village d'Occhjatana en Balagne...!  

Il aimait marcher avec son âne, il lui parlait et parfois chantait pour maitriser un tant soit peu le temps, de ces chants immémoriaux dont les trames augmentaient, intensifiait, magnifiait l'existentiel humain...! La bête comprenait, non pas les mots mais l'intention de son maître qui marchait à ses côtés pour ne pas en augmenter la charge...!

Passant devant l'assemblée assise des anciens mêlée de jeunes, notre intéressé Melchior interpella ma mon père, épuisé de sa journée...

"Faustin, va t'occuper de mon jardin et si tu refuses, je vais t'y envoyé à coups de pieds au cul...!!"

Trop de témoin sur la place pour tenter quoi que ce soit , il répliqué :" Oui, attends, je vais repasser avec l'âne pour me rendre à ton jardin...!"

Bien sûr que non...! Il alla attacher l'âne à l'anneau prévu, un anneau plusieurs fois centenaire puisque fabriqué à la forge et dont les plus anciens personnages du village disaient qu'il existait au minimum depuis 300 ans... Durée moyenne de vie d'un âne 50 ans...?!

Dans la maison étaient accrochés 17 fusils, du plus vieux rouillé des arrières arrières grands-parents aux plus récents de mon grand-père, père de mon père... Et donc celui-ci remarqué l'attitude de son fils, très certainement en colère et prêt à en découdre jusqu'à la poudre...!

Il posa sa main sur l'épaule de son fils et lui demanda calmement...

"Qu'est-ce qui se passe O Faustin, ton regard vide remplit toute la pièce....!"

Mon père répondit  que Melchior avait ceci et cela, qu'il allait lui régler son compte...! Son père, chasseur devant l'éternel et braconnier émérite, lui répondit...

"De nous deux, celui qui doit aller en prison ou mourir, c'est moi, pas toi...! Quand tu seras chef de famille, tu comprendras...!"

Anghjulucciu, (je porte son prénom...), alla récupérer un fusil à canons sciés et le glissa sur le côté de sa gabardine... Prit l'âne et alla comme s'il voulait se rendre au village voisin... Personne n'y prêta attention jusqu'au moment où, passant à proximité de Melchior, sortit son fusil, braqua le Melchior sur la tête et lui demanda calmement...:" Dis O Melchior, à quelle heure il va commencer Faustin...?!

"Mais Anghjulucciu, c'était une plaisanterie pour le taquiner, sans plus...!"

"Et bien, on va continuer la taquinerie, c'est toi qui va y aller et pas plus tard que maintenant...!!"

Il y alla, toute honte bue mais vivant...!! Les années passèrent comme dans tous les villages d'Italie, de Sardaigne, de Corse et de Toscane...!! 

Dans chaque village donc chaque commune, il y avait et a des confréries, sortes de mutuelles d'entraide et de solidarité, très concurrentes de l'église...! Pour aider les personnes âgées, les malades, handicapés, chômeurs maintenant parfois selon l'importance de la confrérie... Selon qu'il faille faire un muret, nettoyer un jardin, peindre , bricoler, etc. Et même pour les actes religieux, ou les corvées de cimetières...! 

Un jour, mon père et un ami s'étaient rendus au cimetière pour une réduction d'un corps... C'est à dire réunir les ossements, les déposer dans une caisse et l'entre poser ailleurs...

L'ami de mon père pris un crâne entre ses mains et lui parla...:"Alors, tu ne frappes plus personne maintenant hein...?!"

Mon père lui demanda s'il ne devenait pas fou de parler à un crâne et de facto, l'ami répondit :"c'est Melchior...!" Destins éphémères et funestes...! 

Une histoire bien macabre me direz-vous, eh oui, bien évidemment...! Pauvres humains, hères aléatoires, atomes dans l'univers, la vanité cancérise le tout...! Ne jamais se laisser faire reste une règle absolue, il faut s'y tenir...! Jusqu'à quand, jusqu'où, qui, comment, pourquoi...?! 



jeudi 5 décembre 2024

Tu m'appartiens....!

Nous croisons bien des gens dans une vie et chacune des personnes rappelle l'identité unique du soi tel que chaque vague ne se ressemble jamais...Un ancien collègue au pseudo méridional de "dgèri" (phonétique) était d'une jalousie quasi éternelle et extra compulsive (pléonasme...?), les femmes de sa vie et surtout la dernière vivaient un calvaire incroyable...!! La jalousie est une maladie profonde, structurée avec le temps et surtout le vécu de l'atteint, du malade, pathologique...! 

C'est une dictature réflexe et rien ne peut l'entraver jusqu'à...! Tout est sujet à méfiance, caution, vérification, accusation, etc. On ne s'en sort pas avec un jaloux/se...!! On se retrouve nassé dans un cul de sac mental duquel, pour s'en évader, demande et impose un rapport de force violent quitte à y laisser un morceau de soi derrière...!!

Les jaloux, envieux, etc. ne peuvent faire autrement que de posséder car en réalité, ils ne se possèdent pas eux-mêmes...! Enfermés entre leurs quatre murs, sous un plafond écrasant et un plancher hermétique, se retrouvent dans une fuite en avant, produisant leurs propres malheurs et surtout ceux des autres...! 

Certes, il faudrait aller chercher et fouiller, enquêter, dans l'histoire du malade et l'on y trouve généralement bien des traumatismes, des vécus violents, etc. Peu se sont soignés et ont "résilié" leurs passés, s'en sont sortis par la plus noble réponse possible vis-à-vis d'eux-mêmes, mais la grande majorité cède par lâcheté (...) au laisser aller jusqu'à , parfois, la tragédie absolue, le meurtre...!

Un être n'appartient qu'à lui-même, dans sa souveraineté absolue, il choisit sa liberté afin de pouvoir avancer dans ce monde et sa vie, l'existence de soi est un trésor inviolable, inconditionnel, irréfragable, voire hermétique...! Et sur ce constat, l'on peut se lancer dans une aventure avec l'autre puisqu'il n'y a aucune contrainte sinon celle de faire, autant que possible,  le moins de mal possible à autrui...! Ceci dit, la liberté impose parfois de faire du mal, c'est ainsi...! Le moins libre souffre davantage...!

Notre "dgèri", toulonnais de son état géographique, surveillait et faisait surveiller sa femme, au point de tout faire afin de se retrouver au chômage, avec du temps libre à foison et de pouvoir la surveiller à volonté. Un jaloux est exactement le contraire de la liberté, c'est un bagnard de lui-même, qui, malheureusement, en arrive à assassiner l'autre, n'ayant strictement rien résolu de son état...!! Il s'assigne à résidence en assignant l'autre pour se sentir moins seul...! Quand on aime, on ne peut pas être indifférent, certes mais de là à posséder, ce n'est plus de l'amour et, dans tous les cas, un jaloux est incapable d'aimer car son monde se réduit à lui-même...! J'avais lu un livre naguère au titre évocateur " le destin d'un toxicomane" et sans résilience, l'on peut tout autant paraphraser en "le destin du jaloux, de l'aveugle..." ! Comme les lépreux naguère, on devrait leur accrocher une clochette...?!! 

Donc, l'ayant perdu de vue quelques années puis pour l'avoir croisé à nouveau, c'était dans l'ancien hôpital de la ville, à l'étage des cancéreux...! Moi, si peu physionomiste, le reconnaissait et m'approchait de lui pour le saluer... Ce n'était plus le même, abimé par un cancer du pancréas, il avait du mal à parler mais ressentait du plaisir par ma visite pour retrouver sa voix.

Un dialogue de retrouvailles et bien des choses à se raconter comme souvent dans ces cas-là. Puis je lui demandai comment allait sa femme et il me répondit qu'elle se portait bien. Et moi de continuer...:"alors, toujours aussi jaloux...?"

À ce moment précis, ses yeux s'écarquillèrent et me lança un :" oh putain...! J'ai autre chose à penser que de savoir où se trouve son cul...!" J'arrêtai là et comment ne pas m'envoler dans mes pensées comme très souvent chez moi...?!

Je n'eus plus de nouvelles en espérant qu'il fut guéri...! Cependant, pour soigner La jalousie, il faut un choc encore plus fort, la santé attaquée, une menace totale et existentielle, la mort possible...!! Quel dommage...!! Nous sommes encore dans l'instinct de conservation, encore de l'égoïsme...!!! Nous n'en sortirons jamais...!!

Cependant, je suis heureux de ne pas être atteint par cette lourde pathologie et d'avoir toujours été capable de préférer la liberté plutôt que de subir mes manques, tant ou si peu nombreux fussent-ils, d'ailleurs...!



dimanche 29 mars 2020

Ce que c'est qu'aimer...


Je m'allongeai, aujourd'hui vers les 16h…J'essayais des bouchons à oreilles… 
Fermant mes yeux, j'entendais, peu à peu, tous mes bruits intérieurs, quelle activité…! Nous ne sommes pas seuls intérieurement, c'est le moins à dire…! 
Je m'endormais sans le savoir et, par la magie du rêve, je me retrouvais au milieu d'un groupe de personnes, des filles plus généralement… Celles-ci riaient, celles-là disaient leurs aventures les plus variées puis, leurs histoires d'amour qu'elles avaient cru d'amour… 
Me voilà jaillissant à raconter la mienne, "comme dans un rêve" dans ce monde onirique qui m'envahit de tout et d'incroyables…! 
Je disais à une fille, à son regard plein d'attente de mes mots qu'elle espérait entendre: "mais cette personne ressemblerait à un cadeau, si c'est elle, c'est elle…!"
Un silence figeait l'ensemble, j'étais cette espèce d'incarnation de leurs désirs de savoir qu'il était possible qu'un homme parlât comme cela, parlât d'amour…!
"Moi, j'entendais ce rire, ce divin bruit…! Mais qui pouvait rire de cette façon qui n'appartenait qu'à cette personne, qu'à elle par la suite…?!"
L'attention de toutes était sur moi et il ne fallait pas me louper… Parler d'amour aux femmes est plus dangereux qu'un combat sur un ring…! Elles qui, seules, comprennent le langage des fleurs, de leurs parfums, leurs couleurs, leurs formes…! Pourquoi une fleur ? Les hommes n'en savent rien, elles savent tout d'avant la naissance de l'univers…!
Malgré d'être accompagné de mon ex femme et de notre fille, je n'avais de cesse de fouiller la foule, de scruter les bruits, de scanner les mouvements, je chassais, elle m'avait pêché de ses appâts inconscients, j'avais cette vision quantique du tout par un seul…!
Puis, je vis des yeux, des cheveux, puis, elle se levait… Et là…
Il n'y avait plus qu'elle, elle seule et moi, et mon cœur accroché à ses mouvements de caissière surchargée de travail… Et elle se mit à rire encore et c'était elle, mon oasis, ma magie… En amour, l'instant du début est tout…!
Cette inconnue que je connaissais déjà sans ne rien savoir d'elle…! Ces yeux si vivants, qui transperçaient la vie, qui rythmaient les battements de mon cœur, les mouvements de mes poumons, je ne bandais même pas…!
Je demandais à une serveuse comment elle s'appelait puis, devant l'un de mes combats les plus dangereux, incertains, avec cette rare peur de perdre qui vous paralyse, je m'avançais vers elle, guidé par Cupidon, "Ange" de l'amour…! Quelle antonomase que ce prénom venu du fond de l'inexplicable amour et lançais un ; " Bonsoir Céline…!"
J'entendais comme un puceau assourdi, abasourdi, assommé d'impuissance : "Ah non, moi, c'est Marielle…!"
Un moment après, suivant les événements comme dans un torrent, la voilà, encore, en me fléchant un : "Embrasse-moi…!" Touché, coulé…!
Mon Dieu comme il est bon de couler encore et encore…! Mes poumons devenaient branchies...!!
Nous nous embrassons depuis même à ce jour, depuis ce soir-là, depuis cette seconde si infime qui m'apprenait à reconnaître ma faiblesse, de cette reconnaissance, de cette découverte de soi qui nous armure à jamais…! Je découvrai le courage d'être sensible, je n'éprouvai absolument plus cette sorte de honte qu'on inocule dans les têtes masculines pour enfin exprimer ma sensibilité...!!
Le silence régnait, les corneilles bayaient à leurs rêves et leurs espoirs...! 
Bref…!
Je me réveillais…
Et à la différence d'un cauchemar que l'on espère oublier, l'on se rend compte que tout était réel…!!
Eh bien, c'est ce que je vis, nous vivons depuis presque trois décennies, comme dans un rêve car, quand on aime, on ne sait pas, on ne comprend pas, on ne voit pas, encore seuls, l'indicible, l'invisible, c'est ce que l'on ne peut identifier, pourtant, nous le savons…
C'est elle, c'est tout…! Pourquoi…? Je ne voudrais jamais le savoir et c'est peut-être cela qui est si doux à vivre et impossible à expliquer…?!
Quel bonheur, l'ignorance…! 

mardi 5 février 2019


Ex nihilo nihil…(Rien ne vient du néant)
En effet... Que sera l'occident devenu, un artefact, un ersatz d'anciennes civilisations laissant derrière lui les restes de cités fantômes...
Voilà que l’on met en place une télévision pour les animaux et un hôpital psychiatrique pour les mêmes engraissés… ! Pourquoi ne créent-ils pas une télé sur les livres et la littérature en général… Pour nous, voulais-je dire et point nos braves bêtes…?!
Avec les nouvelles découvertes et les futures « avancées » juridiques, un fils pourra avoir un enfant avec sa mère et fêter l’inceste comme une victoire sur l’ancien obscurantisme… ! Pendant que les animaux regarderont leurs télés, les mères porteront les enfants de leurs fils, regardant la même télé… !
Il faut, selon Mme Najat Vallaud-Belkacem prodiguer des cours d’improvisations à la Djamel Debouze, qui n'est point Racine ou Corneille et ce, sans moquerie, et supprimons le latin, l'histoire/géographie ou les arts plastiques et musicaux, sérieux… ! Après tout, le latin, c’est une langue morte… !! Apprenons à écrire avec les tablettes, c’est tellement génial… ! Savoir écrire à la plume sergent-major est maintenant antérieur à la préhistoire, regardons les choses en face… !! Le « nouveau roman » ne propose pas de personnage, de psychologie, pas d’intrigue (Aubriet)… !
L’on cherche à réfléchir sur de la musique avec du silence (4 mn 33 de silence de John Cage)… Soyons fous et revenons à l’ancienne musique en prenant le risque du solfège et de la création musicale… ?!
Ou bien du cinéma sans image ou sans cinéma (Guy Debord), après tout, pourquoi du cinéma avec cinéma, allons… ?!!
Voire de la peinture aux sujets si ténus, sans représentation (Monochrome de Klein ou Malevitch – Carré blanc sur fond blanc…) L’intelligence serait de vendre du rien très cher… ?!
Ou bien, de la poésie sans mot (le lettrisme d’Isidore Isou)…. J’arrête là le massacre à la sulfateuse orwellienne…. !!
Il y a bien une organisation, une gestion, une intention (ou alors pire : un mouvement naturel voire entropique… ?) de faire en sorte que l’effondrement occidental s’amorce et s’accélère… En y ajoutant son innéité tragique…! Le nihilisme va être la source de culture (de l’inculture devrions-nous dire avec réalisme… !) du plus grand nombre, nous n’en sommes qu’au début et, vu la vitesse à laquelle nous "progressons" dans les découvertes de tous bords, l’on peut prévoir, plus que croire, à une mécanique humaine dans sa majorité téléguidée par la marchandisation du « connecting in people… »! c'est à dire d'un existentiel mortifère et sans but si ce n'est celui de bouffer au lieu de se nourrir, de boire au lieu de déguster, d'éructer plutôt que de s'exprimer, de voir au lieu d'observer, d'entendre au lieu d'écouter, de croire au lieu de discerner, de sentir au lieu de humer, etc. Bref, une ontologie scatologique à la pointe du.......Progrès...!!
Penser, exister, entendements, au service d'une sélection qui se structurera par l'égoïsme, l'avidité, l'opportunisme à la place du partage, de l'altruisme, de la sobriété qui nous ont protégés jusque de nos jours finissants... Donc, l'extinction humaine impuissante par un néo cortex bien trop récent...!
Attendez, les virus, quelle opportunité pour orienter une humanité perdue depuis le système de la dette qui par elle tout est dirigé, organisé, manipulé, propagé, instillé, martelé; etc. La culture générale, l'instruction, l'esprit critique, le savoir, l'éxégèse, seront réservés à une très infime minorité, celle qui aura eu la chance d'en faire partie...?! Mais comment devient-on riche sans pauvres...?
Attendez, le transhumanisme arrive...

mardi 17 octobre 2017

Courbe-toi, Faustin....!

Courbe-toi, Faustin…. !

Les aléas humains se mesurent, aussi, à l’aune des naissances et des décès. Entre les deux, la vie s’insinue à la moindre lumière, tout autant suivie d’ombre.  Nous sommes en Corse, dans le village d’Ochjatana, l’œil de la  tanière  en Balagne, commune ensoleillée, qui, à une époque révolue, suite à tant d’exodes et d’incendies, était l’une des communes de France la plus plantée en oliviers, des oliveraies à perte de vue… !
La vie était rude, austère, simple. Comme n’importe quelles autres contrées ou campagnes d’ailleurs… Les gens du cru parlaient peu, observaient beaucoup, d’un œil exercé au vif, à la décision…. De ce constat, le fait de décider vite prédisposait les uns et les autres à une répartie naturelle…
Je me souviens d’une réponse cinglante d’un berger du village qui ne savait ni écrire, ni lire… Aux alentours d’un pont nommé « Tenda », notre pasteur, grand aumônier de la nature, vaquait là, avec ses bêtes, les connaissant une à une. L’odeur du maquis accompagnait le bruissement de la flore jusqu’aux narines et les remplissaient, la petite rivière d’été filait son chemin au doux son d’une eau pure… Chaque bruit, odeur, couleur, disaient les lieux jusqu’aux plus enfouis, cachés. Aussi, un berger, né dans ce berceau et nourri au lait de tout cela, ne voit plus ce qu’il sait !
Un parisien, passant par-là, aperçu notre faux inculte que l’on nommait « Pèpou » de par chez nous. Voulant lui faire une blague, afin d’impressionner la charmante urbaine aux cheveux blonds agrémentés d’un regard bleu, assise à ses côtés, comme certains vaniteux aiment à en faire aux dits ploucs, il s’arrêta près de Pèpou et lui demanda : 
« Eh l’ami, vous allez bien ? »
Puis,
« c’est beau quand même la liberté hein ? Le soleil, le calme…. ? »
Pèpou : « La liberté ?! Il faut l’avoir perdue pour la comprendre… ?! »
Premier renversement, les dents parisiennes commençaient à se déchausser…. !
« Mais... Oui, les bêtes aussi… » Ajouta-t-il...
« Quoi les bêtes… ? »
« Eh bien, mes bêtes vont bien aussi… ! »
Notre parisien fut déjà pris de court par le fait d’intégrer dans sa réponse le bien-être de ses bêtes mais continua… Ne voulant pas perdre la face, le côté pile perdu à jamais…
« Pourrais-je vous poser une question ? »
« Allez-y… »
Et fort de sa prétention accompagnée d’un clin d’œil vers sa voisine…
« Pourriez-vous me dire combien d’eau est passée sous ce pont… ? »
Pèpou, surpris d’une question aussi inutile que conne pour un homme comme lui qui n’allait qu’à l’essentiel depuis sa naissance, ne tarda pas à actionner la chute du couperet….
« Allez le demander à la mer…?! »
Le parisien ramassa définitivement ses restes…. !
Comme la fable, honteux et confus, pris surtout de court, la voiture cala et ne voulut plus redémarrer, obligeant notre tour Eiffel de pacotille à se braquer la présence du berger philosophe devant une future ex conquête, une main derrière et l’autre devant…. !!
Voilà pour l’anecdote afin d’expliquer l’innéité de la répartie paysanne à la sobriété naturelle.
« Cecca », diminutif de Françoise sur l’île, était la mère de Faustin, une Grande Dame, tant par la droiture que le regard direct, toujours vêtue de noir. Faustin, son fils aimé, mon père adoré, était en vacance afin de ne pas la laisser seule un moment dans l’année.
Cecca avait perdu son époux, c’était mon grand-père, l’on aura donc compris que notre Cecca était ma merveilleuse grand-mère. En Corse, le deuil est complexe car il est éternel, aucune place au superficiel, surtout celui qui intervient dans une histoire d’amour ou de parole donnée… L’amour, d’ailleurs, n’est-il pas une parole donnée après l’avoir offerte ou inversement...Parlons plutôt de preuves d'amour... ? Aimer est certainement plus important que d’être aimé… ?! Bref…
Les années passaient après la disparition d’Ange, l’époux de Cecca et père de Faustin, mon très cher grand-père. Cecca vieillissait et seule dans une maison vide le restant de l’année. Quelques amis venaient lui rendre visite de temps à autre, le facteur si peu souvent, pas de télévision mais ces gens-là, à cette époque, n’en ressentaient même pas l’envie voire l’existence, c’étaient des actifs… Pas de lecture quoi que, une promenade par ci, par là. Bref… Une profonde solitude mais qui ne faisait pas peur vu leur sobriété innée. Un feu de cheminée, un lever et un coucher de soleil, le bruits des animaux, l'heure sonnée de la chapelle, le vent s'insinuant dans les failles, etc Pour qui sait écouter, l'on y gagne de l'entendement...! La solitude devient la lecture universelle, où chaque mot revêt chaque entité naturelle, existentielle...!
Faustin prit son courage à deux mains, bien soutenu par ses deux pieds, et demanda à sa mère d’écouter ce qu’il avait à lui dire…
« O Ma…, j’aimerais te dire quelque chose… ? »
Cecca, à qui son fils ne disait pas grand-chose sauf quand l’intérêt faisait poids, les conversations étant souvent remplacées par des onomatopées, tendit l’oreille malgré tout…
« Je t’écoute … ! »
Un silence pensif…
« Tu sais, maman, quand je te vois seule, ici, nous tous partis, je suis très inquiet pour toi… ! »
« Je suis bien plus inquiète de te savoir seul à Toulon depuis que ta femme t’a quitté… ! »
Ses yeux baissés dirent toute sa détresse quant à sa femme partie, perdue… devant une telle vérité...!
« Oui mais, sur le continent, c’est difficile de rester seul, pas comme ici… »
D’un air évident….
« À parce que quand tu te promènes en ville, tu connais tous les gens de la rue toi…?! Depuis que la boîte à rêves (télévision en langue corse) est arrivée dans les maisons, les portes se sont fermées, vrai ou pas… ? Moi, je parle à tous mes amis ici… Même aux bêtes...!! » Quand vous parlez à vos voitures et aux portes, elles répondent quoi...?!
Surpris par cette réponse d’une femme qui n’avait pas effectué d’étude et qui évoquait l’anonymat des villes, la froideur du matériel, il continuait….
« Oui mais c’est tout de même différent, moi aussi je connais du monde et on peut se voir de temps en temps… »
« Eh alors, on tourne en rond là…?! »
« Peut-être mais tu reconnais qu’à ton âge, rester seule peut  s‘avérer dangereux… ? »
« Ne t’inquiète pas, mon fils, je ne vais plus au jardin et c’est les chèvres d’Intoniu qui s’en occupent, l’âne est mort depuis longtemps, je ne monte au premier que pour aller me coucher… L’épicerie est juste au-dessus et ce sont mes amis qui viennent, rarement moi… Donc, tu vois, rien d’exceptionnel… »
« Oui mais je ne suis pas rassuré maman… Tes filles aussi… »
Essayer de convaincre un caractère trempé n’est point chose aisée. Il n’a besoin que de peu de choses et, en général, les gens qui sont riches de ce qu’ils peuvent se passer ont les idées claires… Une fois définis leurs besoins, le reste devient donc superflu… Mais Faustin n’en avait pas fini….
« Et puis, maman, il y a autre chose que je voulais te dire… »
« Eh bien… ?!! Quoi encore… ? »
Prenant son souffle, ayant bien préparé sa question des semaines à l’avance, il se lança….
« Vois-tu, maman, surtout, ne vois aucun irrespect dans ce que je vais te dire… ?!! »
Regard froid et impitoyable….
« Mais voilà, cela fait bien longtemps que papa est parti, et si un jour tu voulais te remettre avec quelqu’un, on n’y verrait aucun mal mes sœurs et moi…. ?!! »
Elle confirma la froideur de son regard, elle le regarda droit dans les yeux avec silence, un long silence, interminable pour devenir insoutenable, puis….
« J’ai bien compris ce que je viens d’entendre… ? »
« Tu comprends toujours ce qu’on te dit maman… ! »
Elle se leva, alla se rhabiller un peu mieux, du noir au bleu marine foncé, pris la clef de la maison et l’attendit dehors sans aucune parole….
« Ça va maman, où vas-tu… ? »
« Je vais où me demandes-tu… ? Suis-moi… ! »
Ils partirent tous deux, traversèrent la rue jusqu’à la place, arrivés en fin du village, au seuil de la sortie, Faustin comprenait peu à peu par l’itinéraire employé, on ne peut plus clair, qu’ils allaient aux champs  élyséens… (Cimetière en langue corse d’où campi  élisi)…
Il comprit dans l’instant qu’ils se dirigeaient vers la tombe de son mari tant aimé, lui de son père tout autant aimé….Arrivés devant le monument….
Cecca se mit à parler à son mari parti de son corps mais jamais disparu dans et de son cœur...
Tu te rends compte de ce que m'a dit ton fils ?! Il veut que je te trahisse, que j'aille avec un autre...!!
Faustin : "il ne t'entend plus maman...!!
Qu'est-ce que tu en sais, toi...?!!
Elle se signa puis...
Cecca à Faustin…. :
« À genoux, baise la tête et demande pardon à ton père… !! »
« Mais maman, il n’entend pas et tu sais bien que je n'aurais jamais fait du mal à papa… ! »
Faustin, pourtant d’un âge canonique,  face à l’amour et la fidélité inexpugnables de sa mère, s’agenouilla et fit acte de contrition devant la photo de son cher père….
« Je n’entends pas, à voix haute !! »
« Papa, je te demande pardon, je croyais bien faire mais j’ai eu tort… !! »
« Récite un « notre père »… ! »
« Notre père qui êtes aux cieux, etc…. »
Ils n’en reparlèrent plus jamais, aucun mots… ! Leurs silences se chargeaient de les dire…
Ainsi va la fidélité, d’aucuns auraient refait leurs vies, n’y voyant aucun mal et d’autres sont mariés devant Dieu jusqu’à ce que le dernier soit rappelé à la droite du père, ou du mari… Lesquels sont près de la vérité… ?
Les corses de ces temps-là ont disparus. La dérive génétique a fait son œuvre, les mœurs avec….





lundi 14 novembre 2016

De toi à moi....


A se rendre compte à quels points d’ignominies, de trahisons sont infestés bien des secteurs de vie de notre société, combien il est difficile voire hasardeux d’y démêler un maigre écheveau d’espoir… ?!

J’étais témoin malgré moi d’une dispute, ce matin, de deux personnes sourdes, dirons-nous. Non pas, nous l’aurons compris, sourdes d’oreilles car les vrais sourds sont bien plus entendants  que les dits  normaux mais de vanités, d’orgueils, de suffisances. L’une développait du vide et l’autre ne savait comment le remplir… 

Peu nous importe le sujet, il était à la mesure de ce qu’ils étaient capables  de développer. Des « Moi je »,  « je moi », « mes », « mon », « me », « moi »… aussi égocentriques que les meilleures expressions superlatives "possédantes"… Un cas de dissonances cognitives de toute splendeur… !!

Il est clair qu’une personne possessive ne l’est que parce qu’elle ne se possède point elle-même et il est, me semble-t-il, assez clair que l’on est vraiment libre seulement dans la mesure où l’on est capable de comprendre que la liberté d’autrui ne nous concerne pas tellement elle se veut sacrée. La confiance ne restera à jamais qu’un pari….D'où, en amour et plus que, des preuves d'amour !

J’entends qu’elle (la personne) ne se maitrise que trop imparfaitement. L’humain a cela de paradoxal qu’il croit posséder une chose, un être, une idée que parce qu’il en a l’envie, cette envie venant d’un manque, il aura bientôt envie de ce qu’il n’avait plus envie initialement. La ronde de l’insatisfaction permanente. La mode, dans toutes ses diversités, en est l’expression la plus pure.

Et chacun vaque à sa vie croyant la posséder pleinement mais sous l’emprise du regard censeur tout aussi vide des autres, c’est un problème en effet… Les seuls qui créent leurs vie sont celles et ceux qui les risquent ! 

D’aucuns donc se croient propriétaires  de ce qu’ils décident et l’égoïsme, expression majeure de l’impuissance avec son outil si fidèle : la jalousie, prend là, toute sa magnificence négative, souvent morbide… !! Bref…

Nos deux hasardeux se disputaient une place de voiture et étaient prêts à en découdre, l’un avec un énorme ventre qui caractérisait  le vrai guerrier et l’autre avec des lunettes aussi épaisses que son ignorance démontrant d’immenses capacités belliciste, évidemment...  Les oubliant complètement, je m’abandonnais à mes souvenirs d’enfance…. Moment de joie indicible !

Me venait une histoire se déroulant dans un village corse, Calasima, très haut perché dans une montagne rude où, bien évidemment, le froid était omniprésent et dont l’amplitude thermique collait d'assez près à chaque saison.

Dans ce très beau et typique village, l’un des plus hauts village de l’île, existait un vieil homme, seul depuis la disparition de son épouse tant aimée, à la voix aiguë et douce, haut de taille, aux mains  calleuses, à l’œil vif et très observateur, à qui rien n’échappait,  chez qui la nature n’était qu’un livre éprouvé. Un dos courbé dans la même courbure des blés qu’il avait dû faucher toute une vie durant à mains nues…Ses rides disaient ce qu’il avait vécu… 

Cet homme avait deux chats, irascibles au possible et chaque fois qu’ils se croisaient, c’était la furie sanglante. Impossible de les calmer, ils se détestaient violemment. Les coups de bâton du vieux n’y faisaient…

Le bonhomme avait tout essayé, jusqu’à les séparer de plusieurs villages  distancés, rien à faire, leurs territoires respectifs leur étaient un prolongement biologique, ils revenaient sans cesse ni relâche. 

Leurs bagarres dérangeaient la quiétude du village, les nuits étaient infernales, les seaux d’eau n’y faisaient pas plus… Ils revenaient et se disputaient tout, le territoire, les proies, les femelles, l'autre…

En corse, comme dans bien des coins de France, à cette époque du moins, on ne nourrissait pas les chats, c’était une hérésie. Ils n’étaient là que pour bouffer les souris, rats et autres nuisibles.  Comme quoi, les chats sauvages sont plus utiles, écologiques que les domestiqués…Mais cela se discute....

Notre homme se mit à réfléchir à une solution efficace, le fusil étant l’une d’entre elles…Là-bas, c’en est une comme une autre, tout autant dans l’Aveyron d’ailleurs !
Il se trouvait que cette année-là était annoncée comme l’une des plus froides de la décennie, ce que confirmait la végétation, les comportements animaux qui sont des signes implacables, et bien plus indicateurs que toutes les météorologies du monde à qui y sait poser l’œil.

Cette nuit-là, le thermomètre descendit  à moins vingt-sept et lorsqu’il faisait des froids sibériens de ce type, les chats rentraient dans la maison, toujours très écartés l’un de l’autre, ayant une cheminée chacun…
C’était le bon moment… !! Le vieux leur ferma toutes les issues de la maison, l’on verrait bien…

Le lendemain, tout était figé dans la glace, tout était gelé, certains arbres, pourtant rompus aux froids successifs précédents n’y avaient résisté, c’est dire… à cela, il fallait ajouter un de ces vents des montagnes de 90 kmh, augmentant la sensation du froid.

Notre philosophe s’ignorant comme tel, fit le tour des lieux et que vit-il : les deux chats enroulés l’un dans l’autre afin de se donner chaud, formant une spirale parfaite, chose totalement imprévisible, impensable  auparavant….
 Le vieux ne put se retenir de lancer sa sentence, une de celles lui venant toute seule… : « hum, hum…. !! Quand il fait chaud, vous vous haïssez ! Quand il fait froid, vous vous aimez… !! » 

Sentence simple me dira-t-on… ? Si nos deux cons du début avaient eu bien froid, ils ne seraient pas sortis de leurs véhicules mais de toute façon, trop abrutis pour une accolade de raison avec la volonté de régler un différent avec le sourire… !!

Essayons d’en tirer fortune et mangeons nos chapeaux car savoir communiquer est l’art des gens de bonnes compositions, de bonnes volontés… 

L’eau dans le désert se partage, n’appartient à personne ; la couverture dans le blizzard tout autant, ce sont les islandais qui le disent après avoir croisé un caravanier arabes en vacance….