L'égoïsme, c'est comme quand quelqu'un ne pense pas à moi !! ( Dans " le maître d'école" avec Coluche ) Ou bien, de l'indifférence..
Deux vieux méridionaux toulonnais se promenaient dans un grand hôpital. Enfin... Se promenaient...?! Cherchaient leur collègue dans un dédale de services qui se ressemblaient tous...
Deux vieux méridionaux toulonnais se promenaient dans un grand hôpital. Enfin... Se promenaient...?! Cherchaient leur collègue dans un dédale de services qui se ressemblaient tous...
Anselme, Thémistocle et le mourant, René. ( le tout d'un accent provençal très prononcé... )
Anselme :
Pardon madame, on cherchent un collègue qui est peut-être en train de mourir ! Vous savez, il a la bouligue qui regarde ses genoux... !!! C'est René... Euh....
L'infirmière :
Ah, je crois savoir de qui vous parlez : Monsieur Bargeles René... ? je n'en vois pas d'autre.... (!?)
Anselme :
Voilà madame, c'est ça ! C'est loin parce que je commence à le regretter... ?!! Très léger sourire de Duchenne....pour une visite dite de courtoisie.
Thémistocle : d'un rire aussi bête que sa naissance....
Ah ah ah !! T'en perds pas une toi. Il est presque mort, René, à t'entendre... !
Anselme : d'une explication toute méridionale....
Mais non, c'était pour dire... Tu sais bien... ?!!
L'infirmière : laconique vu les deux abîmés …..
Reprenez l'ascenseur, deux étages plus haut et chambre 368.
Voilà nos compères, partis à la rencontre de leur collègue. Étonnés d'avoir compris l'infirmière...
Anselme : À voix haute dans le service...
Oh !
Thémistocle : Les agents lui intimant de faire silence..., le doigt sur les lèvres avec de gros yeux...
Ouai !
Ouai !
Anselme :
C'est là ! 368... On frappe ?
Thémistocle :
Ouai ! Mais pas trop fort, y pourrait sursauter !!
Dans la chambre dormait le René bien mal en point, au point de ne plus pouvoir parler. Le pauvre bougre finissait ses quelques derniers souffles.
Les deux arrivants s’asseyaient et entamaient un silence. De ces silences que, seuls, les abrutis affectionnent. L'un se penchait un peu pour voir ce que ça faisait un mourant, l'autre visitait du regard les lieux avec, déjà, l'envie du retour et la peur de rater sa partie de boules...
Anselme :
ça fait froid dans le dos tout ça, hè ?
Thémistocle :
De quoi ?
Anselme :
Eh bè... C'est tout blanc, et lui, il est tout jaune...
Thémistocle :
C'est peut-être le pastis qui remonte par la bouligue... ? Tchèdècon... !!!
Anselme :
Le pastis ?!! Où t'as vu ça toi, fadoli !
Thémistocle :
C'est qu'il en descendait le Bargeles... il en avait en stock ?! Va savoir... ?!!
Puis, après un long silence, silence dénonçant le vide sidéral de leurs très relatives perceptions des choses... Ne sachant plus quoi dire, l'un parla de la série télévisée
" Dallas " et l'autre " Mike giver "... Confondant culture et confiture. Persuadés que le simple fait d'être présent était une démonstration d'amitié.
Anselme :
T'as vu J. R. la dernière foi, putain, qué connard celui-là, y vendrait sa mère... !
Thémistocle :
Et « Miqueuu gaver » ... Il est pas possible ce mec. Avec rien, il en fait plein des choses, tchèdècon !
Anselme :
C'est pas possible qu'avec rien, tu peux faire des machins, tu l'as vu où ça... ?!! Marseilleuu... !!! Allez ah !!
Thémistocle :
Parce que c'est scientifiqueuu !!
Anselme :
Alors?! Si tu dis des trucs comme ça, tu m'inquiètes... Tu risques de devenir tout jaune comme lui... !?
Thémistocle :
C'est pas possible, moi, je bois du jet.
Anselme :
Alors, tu vas devenir tout vert... !!! En se pouffant d'un rire sardonique, les chicots à l'air.
Thémistocle :
J'aimerais être bricoleur comme « Miqueuu Gaver »... Il a tout ce gonze, la tronche, l'argent et je sais pas quoi... Tu l'as vu dans le dernier feuilleton, y s'en est encore sorti, putain de chichourle !!!
Anselme :
Et J.R., il est tellement méchant que ça étouffe tous les autres.... Lui, y respire, vai...!
( …......................................................)
Et les voilà partis dans une presque infinie "soliloquie".... , donnant une existence à des rôles, des personnages fictifs, des virtualités, des fantasmes, des fantasmagories, des images mais rien de réel. Rien du concret de tous les jours, de ce moment qui, normalement, aurait dû appartenir à ce pauvre René.
Ils faisaient, aussi, le bilan de leurs maladies respectives depuis leur naissance, comme une espèce de compétition, chacun ne parlant que de lui, unique objet de leurs stimulis hasardeux.
René était mort depuis bien longtemps... ! Seul... Entre J.R. et "miqueuu"... Anselme et Thémistocle étaient virtuels, vous l'aurez tous compris...
D'aucuns diront que la vie est drôle...?!
Y a-t-il une morale ? Cette histoire valait-elle un fromage de chèvre provençaleuu ?
L'on s'imagine que cette ignominie n'arrive qu'aux abrutis ? Non !! Toutes les strates d'âge, de savoir, de culture, de "couleur" sont concernées, aucune conscience de classe en perversité, l'indiférence étant pire que tout. Mieux ou pire encore, les individus les plus cultivés, " intelligents ", mettent une finesse parfois non-égalée à produire de la perversité...
Naturam expelles furca, tamen usque recurret...
Nous sommes tellement inondés de futilités, de fictions, qu'elles finissent par prendre toute la place. Elles envahissent le cerveau réflexe. La pensée, même la plus minimaliste, qui, elle, demande bien des efforts, reste en rade. Et, pendant cet irrattrapable temps, les vraies personnes, quelles qu'elles fussent, ne font que passer. Lorsque l'égoïsme frappe l'humain, il y a fort à parier qu'il puisse dépasser le mur de Planck.
J'entends parfois des gens se lâcher en disant, d'une certitude toute humaine, donc relative, contingente : « Ah Desperate Housewives !! J'y suis accroché (e) au point de ne jamais manquer un épisode. Saison après saison, je me régale et j'en redemande... !! » Eh oui les amis, comme c'est bon de jouir à voir la perversité chez les autres...!! En très grande majorité, des femmes...
Sauf que, savez-vous que ce genre de "long métrage" ( si au-delà de 58 mn.... et 29 s ? ) est en réalité une "continuité dialoguée" taillée à la mesure de ceux qui l'écoutent, ceci pour 95% des émissions télévisées ?!!
L'indice d'écoute mesure, en l'occurrence, le taux de perversité d'une foule !!! C'est une espèce de test de Milgram qui mesure, non le degrés de soumission à l'autorité mais le niveau de perversité de celui ou celle qui regarde... Combien de feuilletons avez-vous regardé avec grand plaisir ? Moi, j'ai bien failli me laisser aller... !!
Celui qui a le pouvoir, c'est le détenteur de la télécommande ! Et hop !! On zape ...!!!
L'indice d'écoute mesure, en l'occurrence, le taux de perversité d'une foule !!! C'est une espèce de test de Milgram qui mesure, non le degrés de soumission à l'autorité mais le niveau de perversité de celui ou celle qui regarde... Combien de feuilletons avez-vous regardé avec grand plaisir ? Moi, j'ai bien failli me laisser aller... !!
Celui qui a le pouvoir, c'est le détenteur de la télécommande ! Et hop !! On zape ...!!!
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