"Petre e parole lampate so listesse ! Pierres et paroles lancées sont pareilles...!" Proverbe des bergers d'Occhiatana, balagne corse.

mardi 7 février 2012

lire ou voir...?



Lire ou voir...?

Réfléchir comme le propose le philosophe ou végéter comme le poireau...? Quand bien même, une tarte aux poireaux fût-elle excellente... et, de plus, diurétique.
Lorsque nous regardons cette fenêtre télévisuelle, micro morceau d'un monde déstructurant, les images défilent si rapidement que le cerveau n'arrive pas à gérer, à interpréter, donner du sens. Il fait ce qu'il peut le pauvre...
Lorsqu'on regarde une image très (trop) rapide, la rétine (persistance rétinienne) est imprégnée par celle-ci puis met un temps plus long à s'effacer selon l'intensité lumineuse de l'image, ceci au-dessus de 50 millisecondes.
Ce temps d'effacement que doit gérer le cerveau n'est pas fini qu'une autre image imprègne la même rétine alors que le premier effacement n'est pas finalisé.
Cette superposition par accumulation (s) rend difficile la pensée car le pauvre cerveau doit traiter une multitude de surimpressions successives. Une multitude d'images arrivant au cerveau inhibe la réflexion, même de base, pour ne rester QU'avec une impression de la réalité.
Le tour est joué, la pensée se fait compliquée, cette succession d'images fait qu'on ne nous stimule qu'à la hauteur de ce qu'on nous laisse à penser, ceci d'une façon savamment dosée et en perfusion. Tout simplement parce que voir ne suffit pas pour penser...! Trop de signifiants visuels est insignifiant...
Élémentaire, dira-t-on...?! Pas si simple...
L'image d'un cheval mélangée à celle d'un platane dévie du plus court chemin vers la réalité simple du moment, la multiplication devient soustraction... Un peu comme nager et courir en même temps...
Faire plusieurs choses en même temps complexifie la réalité. détourne la projection du moi dans le temps et l'espace.
Lire un livre est actif, regarder la télévision est passif !! La vidéo-sphère ne demande que peu d'efforts et fait le bruit espéré, attendu, dans la mesure où la névrose précède toujours l'acte ; la scripto-sphère demande de la volonté et impose le (du) silence. Silence qui fait peur bien souvent. Horreur !! Se retrouver avec soi-même... et ses ombres...!!! Le danger de perdre sa place à vouloir être quelqu'un d'autre, schizophrène à son insu, drôle de formule...
C'est tellement plus facile de ne pas penser après le boulot et cela, pour faire court, depuis les romains... Ne pas réfléchir, c'est comme ne pas entraîner un muscle. Notre vie n'est plus existentielle. Bonjour poireau...!! Nous sommes, maintenant, d'égal à égal, au niveau des poireaux, qui, plus nombreux, meilleure sera la soupe... Et "les puissants ne sont debouts que parce que nous sommes à genoux" (La Boétie) Dans ce cas, avoir mal aux genoux est bien mérité!!
Toutes ces séries télévisées, parfois définies abusivement de "réalité", le plus souvent américaines, qui déversent dans nos esprits fainéants des "anges", des "vampires", des "sorcières", des "démons", des "loups-garous", des "karatékas aux envols psychédéliques", des "géants verts", des "familles aux super pouvoirs", etc... nous mettent sous emprise dans le but de nous conserver dans un infantilisme débile.
Lorsque "Desperate Housewives" fait un carton, on est plein de "tests de Milgram", celui-ci pouvant s'utiliser autrement que pour notre niveau de soumission à l'autorité. Encore que...? Nous déculpabilise de notre médisance, de nos perversions, de notre perversité. Ouff !! Nous voilà avertis ! Souriez... ! On vous observe... !! Aucune inquiétude, c'est indolore...

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