"Petre e parole lampate so listesse ! Pierres et paroles lancées sont pareilles...!" Proverbe des bergers d'Occhiatana, balagne corse.

lundi 6 mai 2013

Le foot, voilà la vérité… !!!

C'était un soir comme bien d'autres finalement...

Je venais récupérer un collègue chez lui afin de passer une soirée mémorable avec d'autres de mêmes souvenirs partagés. Huit devions-nous nous retrouver autour « d'un » verre sur le port. Huit rigolos lâchés par leur épouses dont deux d'entre eux pour la première fois, depuis 20 et 23 ans de ménage sans sortir seuls, ne serait-ce que pour visionner un film en soirée, bref...

Pour ma part, je m'émerveillais d'avoir pu organiser cette sortie et pensais déjà à tous ces souvenirs en commun, des plus joyeux aux plus tristes, des banals aux exceptionnels, des plus touchants aux plus affligeants voire futiles... 25 années passées loin les uns des autres, cela devait générer autant de scénarios, d'histoires, de moments que de verres bus ! Un seul me manquait : J.P.A... Pour la simple raison qu'il ne faisait pas partie de cette bande-là de "tarés" animés d'hormones aléatoires et de fantasmes concrets! Avec J.P.A., ça venait de plus loin, plus sérieux, sensible...

Voilà notre convoi exceptionnel lancé à l'aventure, de ceux qui finissaient dans de simples bars maritimes, mais qu'importe, j'en éprouvais une indicible joie, compte tenu de la difficulté (plusieurs semaines de "tractations") de réunir une même bande un même jour dans un lieu unique, peu importait le décor. Quelle joie rien que de penser à tout ce que nous avions à nous raconter... Des secrets maintenant dévoilés, les bêtises légitimes, les mensonges d'orgueil, les cuites jubilatoires, les bagarres inutiles, les familles parfois lourdes autrement légères, les divorces prévisibles, les enfants rebelles, le travail nécessaire et le maitre hasard ...
Les mêmes caractères laissés jadis dans tel état se retrouveraient-ils dans les mêmes dispositions ? Les idées, les passions, les tendances ? Qui était devenu homme sans encore être adulte, parfois même le contraire…? Aurait-il suffit d'une soirée afin de tisser (rénover...) une telle étoffe...?

C'était une cafétéria avec vue sur d'étiques voiliers qui, par un marin-blanc d'est fort, faisait siffler les fins cordages, de ces chants qui vous gâchent une nuit de sommeil à qui l'a léger : moi. Les cheveux blancs de nos tempes triomphantes illuminaient la salle et les ventres bedonnaient d'égocentrismes bien "erectus", un peu moins "sapiens"... Le temps ne dispense personne et certains le ressentaient comme une défaite, moi une chance. Le décor fut planté par l'un d'entre eux :

Un : Vous avez vu l'O.M. hier soir, putain, je me suis régalé...! Quid de mes espoirs naïfs d'entrée...

Moi : Qu'est-ce que je m'en fous, ils ne me rapportent rien ces cons, je préfère cent fois une soirée comme celle-là. Silence général...

Deux d'entre eux : Tu t'en fous de l'O.M., toi ?! L'angoisse m'étouffait....

Moi : oui, complètement, j'ai compris depuis longtemps ces conneries, ce n'est pas avec mon pognon qu'ils vivront... Re-silence... Faire taire des logorrhées de paroles vides est une performance sans équivalent qualifiés!!

Un : Et le R.C.T, alors, qu'est-ce que t'en penses...?

Moi : J'aime le rugby mais pour y jouer moi-même, quant au R.C.T., je m'en fous, mais alors...?!!

Eux : il est fou ce mec, t'aimes quoi alors, les gonzesses au moins..?

Moi : J'aime les regarder, parfois même avec délice, il y a de beaux regards mais j'ai l'inestimable chance de vivre avec une personne dont la grâce éclaire chaque atome d'instant... Avec elle, rien ne me manque, rien !! Si vous comprenez ce que je veux dire... Leur coupant l'herbe sous des pieds déjà tondeurs et herbicides... Puis, s'ensuivirent des pseudo "échanges" sur la politique et les arabes, le foot avec le sublime Platini, les plans cul qui n'existeront jamais... élan cognitocide de masse...!! Triptyque mortifère : "foot, politique et sexe!"

Du coup, me voilà à l'écart. Le centre d'attraction se reportait sur celui qui avait toujours été le dragueur du groupe. 20 années loin de ses tableaux de chasse avaient frustré le pauvre Valentino errant. Pauvres serveuses harcelées de paroles aussi vulgaires que de gestes grossiers. ... Toutes des salopes sauf évidemment leur mère...!!!

Rien n'avait changé, c'était, là, leur résilience récessive, dégénérative !! Emportés par une force irrésistible se situant sous une étouffante ceinture en plastique véritable, centre de gravité masculin par impuissance d'xx génétiques épars, aux phénotypes éthérés fixés dans le froid marbre, avant fécondation... Voilà les promesses d'une soirée normalement gaie, chaleureuse, mise sur pieds en quatre semaines et quelques grains, retrouvailles transformées en maternelles infernales... Tous trépanés des burettes !!

"Maman" les avait lâchés, voulaient-ils rattraper le temps impulsé, passé, parsemé de fantasmes latents, révélateurs de leurs tenaces immaturités ? De leurs incapacités en réalité ! Des coups d’état permanents à la sensibilité, la joie, la simplicité… Quelle déception de voir tous ces énergumènes courir après des "pauvres" mais dignes travailleuses qui, pour le coup, auraient bien préféré se trouver ailleurs...!! Ce qui avait eu pour résultat de voir le responsable, un gaillard de deux mètres, remettre les pendules à la seconde près malgré mes avertissements. Un autre décor...

Je profitais d'un révélateur besoin pour aller aux toilettes, de régler ma note, et en douce, la mine tristement déçue, qu'on ne m'y reprendrait plus de la sorte. Je retournais chez moi, de mes utopies déconfites, les mains vides. Quel effondrement de voir tant d'efforts pour si peu, si évitable, si petit, si minable...?!! Ignorer tant de souvenirs sympathiques, qui auraient pu remplir tellement de veillées en revenir, tout parti en mirages roses aux passages de quelques fesses, jolies ou pas.

Plaire à des imbéciles, quel malheur !! Réduire la (sa) vie à des coups de verges sans issues aux dribbles inutiles... S’aimer à travers l’impossible à atteindre… Faire l'amour est et restera toujours quelque chose d'unique, de sensible, de liant, d'exceptionnel... Mais, tout ça pour ça...
Arrivé chez moi, dans le couloir d’un voisin croisé qui me lance un : « L’O.M. a gagné, hein… !!

Le foot, voilà la vérité… !!!

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