Je ne me demande plus si la télévision reste
indispensable au sein de chaque foyer, elle ne l'est plus à 95% et les 5%
restants sont à négocier...? Dans les bleds les plus reculés, les plus
improbables,, la bête sévit. Elle éteint de ses lumières cathodiques tout
espoir de réflexion, toute tentative de jugement critique... Nous facilite,
organise, construit les loupés de vies si brèves !!
L'animal, parfois, m'attire dans ses serres et, pour un
petit moment, je me laisse bercer de bruits flatteurs et d'images chocs
devenues anodines par redondance et qui ne se renouvellent que toutes les deux ou trois secondes.
Voilà un reportage sur les plus pauvres que pauvres aux
Philippines. Des affamés vivaient des poubelles au point qu' eux-mêmes,
s'appelaient, "les chacals". Des centaines d'hères et de sous-serfs,
aux ventres vides transformés en caisses de résonances, triaient les poubelles
afin d'en retirer une presque valeur d'où trois fois rien, ça commencait à
devenir quelque chose ( À la Devos !!).
Reportage qui faisait suite à des mouvements de
contestations opposés du côté de chez nous sur le mariage homosexuel où, nous
en sommes encore à nous demander qui a droit au bonheur, pire, qui n'y a pas
droit...?!! Enfumage rentable... Quelle perfidie dans le sens qu'il nous faut
accepter la crise et ses drames parfois endeuillés...!! Du style : "
regardez, ne vous plaignez pas, chez nous, ça n'est pas si mauvais après
tout...! À quoi bon les grèves...L'austérité, à côté de ces drames...?!!"
Pour l'effacement des réalités dirigeantes, l'infernale machine est en route !
Toutes chenilles écrasantes... Ne parlons plus des scandales et escroqueries en
tout genre...!!
Combien tombent dans le piège de la culpabilité, de
l'oublie, de la désensibilisation...?!! Combien engrament ces poisons...? Les
droits ne sont jamais acquis mais plutôt conquis, ne perdons pas le fil... Si
l'on n'entretient pas une maison, elle devient ruine. Les drames du monde sont
certes effroyables et sans pitié, pour autant, ne jamais confondre les enjeux,
les conjonctures, l'avenir, les moyens...
Un autre reportage présentait une maman abattue d'avoir
perdu sa merveilleuse fille de 19 ans suite à un accident de scooter, elle sans
casque. Voilà que cette maman effondrée commence à arracher quelques mots de
cette suprême injustice et, paf!! Un peu de publicité avant d'entendre la suite
des larmes de cette mère perdue à dire l'indicible...!!! Comme une espèce de
privation/punition qui laisse les télé"spectateurs" en manque de la
suite. Out la tristesse de cette dame très digne, nous verrons cela après la
pub...!! (Yaourts au milieu de seins nus,
bolides hors de prix, banques et assurances aux sourires sardoniques, sites de
rencontres en tout genre... Enfin quoi, l'auberge espagnole d'un autre temps,
celui de l'ultra libéralisme...!!) Faisant de moi, pour ne pas dire nous, un
voyeur d'une des intimités les plus sensibles... Qu'y a-t il de spectaculaire à
voir pleurer, entendre quelqu'un qui souffre ? L'indécence menace...
Tout de suite après, la joie d'une ville entière suite
à la victoire de son équipe de foot, c'était sûr, la transition
s'imposait...?!! Quelle indignité, quelle froideur, quel cynisme... Mais quelle
naïveté peut bien m'animer...!!
La télévision se cache en montrant, elle est d'une
perfidie sans qualificatif...!! Elle parasite la vie, les liens, le vivre
ensemble, car, éteinte, tout le monde se reparle... Elle fait des événements de
la vie de tout un chacun, la violation de toute intimité. Elle est une fabrique
du consentement d'une efficacité redoutable, elle n'épargne personne, drogue
tout le monde, conduit nos vies sans scrupules, sans état d'âme... La nouvelle
église. Elle est une fenêtre sur l'inachevé, un raccourci sur le vide... Le
vide a pris le pouvoir !!! Elle est l'empire le plus abouti de l'apparence.
Elle a le goût, la couleur, le son, la sensation, l'odeur du vrai sauf que
pratiquement rien n'est réel ou qu'apparent...
En Corse, une si petite île, on l'appelle "
a scadula à i sogni" : "la boîte à rêves" !!
NON !! À CAUCHEMARS...!!!
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire