"Petre e parole lampate so listesse ! Pierres et paroles lancées sont pareilles...!" Proverbe des bergers d'Occhiatana, balagne corse.

jeudi 15 janvier 2015

D'un père, l'oncle...!!

Ce 3 juin passé, je perdais l’homme le plus important de ma vie, de la vie d’un enfant, de tous les enfants, mon Père…. !! L’humanisme de cet homme imparfait dépassait bien des limites, interpellait la pensée, mobilisait les âmes, limitait la bêtise. L’imperfection l’animait tout autant qu’une probité de tous les instants, parfois un peu trop prégnante voire handicapante… C’était un homme qui ne souriait guerre mais, pour qui savait l’observer, de qui le connaissait bien, le rire se déployait en lui comme une onde d’altruisme infini…!! Il n’a su qu’aimer, là a été sa souffrance, ses infinies limites d’espoirs incessamment renouvelés… !!
Il ne donnait pas, il offrait. Il portait inconsciemment en lui cette notion de valeur de ce qui n’a pas de prix. De ce qui vaut d’être simple et courageux…
Fidèle à tout celles et ceux qui l’ont aimé et apprécié ; fidèle à toutes celles et ceux qu’il a aimé, ne variant jamais, il a porté son fardeau de critiques d’autres trolls malveillants au hasard des sentiers et allumé des cierges de bonté à la vie d’autres afin de magnifier leurs dons… Tel a été son cheminement, hélant à la bêtise parce que trop souvent gratuite…!!
Evidemment qu’il me manque, d’un manque imposé par un univers qui me dépasse et m’a fait comprendre que nous ne sommes pas grand chose, il faut donc accepter la mort comme une normalité, me reste les souvenirs, certains épars, d’autres soudés, cristallisés pour l’éternité.
Puis un trou de galets dans un « magnifique » cimetière marseillais, par ces/ses cendres diffuses et la terre de son village déversée près de lui au pied d’un olivier, l’arbre amour de sa vie. Dieu que le symbolique se fait de plus en plus puissant, il faut être meurtri afin de lui donner efficience enfin… ?!!
Une citation de mon Père : « Malheureux celui qui n’a jamais aimé ».


Ces derniers jours, des fous pervers, errants, ont assassiné Bernard Maris, notre oncle Bernard qui nous a tant apporté en savoir, en humanisme, en gentillesse, en pensée et nous prodiguant tant de sens dans nos vies parfois compliquées.
Ce que j’ai appris, parfois compris, d’autres fois retenu de et grâce à lui est incommensurable… !! Il est de ces personnages, rencontrés au hasard d’une lecture, d’une vidéo qui vous transforment à ce point que la vie s’affiche différemment, qu’à partir de cette seconde-là, la vie ne sera plus la même… On ne construit rien avec du vide !
Il y  va de ces êtres de lumière qui donnent existence aux nouveaux chemins, qui éclairent nos parts d’ombres, qui diffusent ce bien-être au point de nous en faire rêver et bayer aux corneilles, au point de nous en faire aimer les corneilles, qui propage la curiosité intellectuelle avec ce tour de force exceptionnel de la faire passer par le cœur d’abord… !!
Cet homme au sens noble du terme qui nous/me faisait comprendre avec des mots simples (le signe d’une intelligence vraie…) que l’économie aurait pu être une science exacte si elle n’avait été pensée et prodiguée par les hommes, êtres finis et contingents au possible…
Ils ont tué la bonté, la gentillesse, l’altruisme, le sens du don avec une morbidité insondable, il ne faut pas avoir peur des fous qui tirent sur des gens désarmés, on a vu, d’ailleurs, le résultat lorsqu’ils avaient des armes en face…?!!
Je suis, avec égoïsme peut-être, deux fois seul par deux disparitions qui m’ont abîmé, esseulé, meurtri.
Il va me falloir vivre sans eux, voilà tout…. Tout et rien….
Une citation de Bernard Maris : « Dans capitalisme se trouvent décrit non seulement les ravages de la mondialisation financière actuelle, mais aussi les différentes formes de terrorisme, pétries de la haine de l’autre »…


La mort m’a privé d’un Père, elle m’a arraché d’un oncle… !! C'est la grande roue de la vie...

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