Ce 3 juin passé, je perdais l’homme le plus important de ma
vie, de la vie d’un enfant, de tous les enfants, mon Père…. !! L’humanisme
de cet homme imparfait dépassait bien des limites, interpellait la pensée,
mobilisait les âmes, limitait la bêtise. L’imperfection l’animait tout autant
qu’une probité de tous les instants, parfois un peu trop prégnante voire
handicapante… C’était un homme qui ne souriait guerre mais, pour qui savait
l’observer, de qui le connaissait bien, le rire se déployait en lui comme une
onde d’altruisme infini…!! Il n’a su qu’aimer, là a été sa souffrance, ses
infinies limites d’espoirs incessamment renouvelés… !!
Il ne donnait pas, il offrait. Il portait inconsciemment en
lui cette notion de valeur de ce qui n’a pas de prix. De ce qui vaut d’être
simple et courageux…
Fidèle à tout celles et ceux qui l’ont aimé et
apprécié ; fidèle à toutes celles et ceux qu’il a aimé, ne variant jamais,
il a porté son fardeau de critiques d’autres trolls malveillants au hasard des
sentiers et allumé des cierges de bonté à la vie d’autres afin de magnifier
leurs dons… Tel a été son cheminement, hélant à la bêtise parce que trop
souvent gratuite…!!
Evidemment qu’il me manque, d’un manque imposé par un
univers qui me dépasse et m’a fait comprendre que nous ne sommes pas grand
chose, il faut donc accepter la mort comme une normalité, me reste les
souvenirs, certains épars, d’autres soudés, cristallisés pour l’éternité.
Puis un trou de galets dans un « magnifique »
cimetière marseillais, par ces/ses cendres diffuses et la terre de son village
déversée près de lui au pied d’un olivier, l’arbre amour de sa vie. Dieu que le
symbolique se fait de plus en plus puissant, il faut être meurtri afin de lui
donner efficience enfin… ?!!
Une citation de mon Père : « Malheureux celui
qui n’a jamais aimé ».
Ces derniers jours, des fous pervers, errants, ont assassiné
Bernard Maris, notre oncle Bernard qui nous a tant apporté en savoir, en
humanisme, en gentillesse, en pensée et nous prodiguant tant de sens dans nos
vies parfois compliquées.
Ce que j’ai appris, parfois compris, d’autres fois retenu de
et grâce à lui est incommensurable… !! Il est de ces personnages,
rencontrés au hasard d’une lecture, d’une vidéo qui vous transforment à ce
point que la vie s’affiche différemment, qu’à partir de cette seconde-là, la
vie ne sera plus la même… On ne construit rien avec du vide !
Il y va de ces êtres
de lumière qui donnent existence aux nouveaux chemins, qui éclairent nos parts
d’ombres, qui diffusent ce bien-être au point de nous en faire rêver et bayer
aux corneilles, au point de nous en faire aimer les corneilles, qui propage la
curiosité intellectuelle avec ce tour de force exceptionnel de la faire passer
par le cœur d’abord… !!
Cet homme au sens noble du terme qui nous/me faisait
comprendre avec des mots simples (le signe d’une intelligence vraie…) que
l’économie aurait pu être une science exacte si elle n’avait été pensée et
prodiguée par les hommes, êtres finis et contingents au possible…
Ils ont tué la bonté, la gentillesse, l’altruisme, le sens
du don avec une morbidité insondable, il ne faut pas avoir peur des fous qui
tirent sur des gens désarmés, on a vu, d’ailleurs, le résultat lorsqu’ils
avaient des armes en face…?!!
Je suis, avec égoïsme peut-être, deux fois seul par deux
disparitions qui m’ont abîmé, esseulé, meurtri.
Il va me falloir vivre sans eux, voilà tout…. Tout et rien….
Une citation de Bernard Maris : « Dans capitalisme se trouvent décrit non seulement les ravages de la mondialisation
financière actuelle, mais aussi les différentes formes de terrorisme, pétries
de la haine de l’autre »…
La mort m’a privé d’un Père, elle m’a arraché d’un
oncle… !! C'est la grande roue de la vie...
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